La proctologie du médecin généraliste

Les patients se sont sentis concernés et ont accepté peu à peu la notion de dépistage, dès lors que les praticiens ont décidé d’approfondir la connaissance de la proctologie, spécialité quasi négligée durant toutes les années de «fac».

 

Les médecins, qu'ils soient généralistes ou spécialistes "frontières" de la proctologie ne sont pas toujours familiers (cancer, MST, Sida).

 

La démarche en effet pour les patients n’est pas toujours facile, en raison du caractère secret voire pudique du motif fréquent de consultation.

Les motifs qui amènent le malade à consulter en Proctologie sont nombreux et souvent intriqués. Ils impliquent un bilan proctologique complet, qui dans ses temps simples peut être pratiqué par tout praticien.

L’examen proctologique est trop souvent oublié. Il est pourtant rapide et précis et la moindre hémorroïde mérite qu’on « y regarde de plus près ».

Le dépistage précoce du cancer anal et rectal y gagnerait également considérablement.

Il est indispensable aujourd’hui de banaliser et de démystifier l’examen proctologique. Cela est d’autant plus valable que la Proctologie demeure l’une des spécialités où le bon sens clinique reste l’outil essentiel de la stratégique thérapeutique.

Quelques idées clés à retenir

Tout médecin généraliste doit garder à l’esprit quelques idées clés :

 

  • « Ne pas délaisser l’examen proctologique »
  • « Il faut banaliser et démythifier l’examen proctologique »
  • « Chaque praticien doit posséder un anuscope »
  • « Il faut apprendre à se familiariser avec des lésions anales »
  • « Les MST anales existent »
  • « Le cancer anal, il faut y penser aussi »

Faire tomber les masques de la maladie hémorroïdaire

Pour beaucoup, les hémorroïdes représentent l’unique maladie de l’anus.

Or, il existe de nombreuses lésions proctologiques, qu’elles soient anales ou rectocoliques, et ces lésions ont souvent les mêmes signes d’appel.

Il est donc essentiel d’exposer et de visualiser toute cette pathologie trop méconnue, car elle représente un ensemble de pièges diagnostiques dont la méconnaissance peut être lourde de conséquences.

Les hémorroïdes sont des formations en fait normales, parfois même utiles, de nature vasculaire, davantage artérielles que veineuses.

 Il ne faut les traiter que lorsqu'elles font « parler d'elles », c’est-à-dire lorsqu'elles deviennent douloureuses, qu'elles s'extériorisent ou comme le suggère déjà Hippocrate, lorsqu'elles saignent.

Le diagnostic de la maladie hémorroïdaire est apparemment facile. Il se pose en fait avec d’autres affections de voisinage, anales ou rectocoliques, qui peuvent, avec les mêmes signes d’appel, coexister ou survenir isolément.

 

 

Signes les plus fréquents

Douleur : 50 %
Hémorragies à l'anus : 40 %
Tuméfaction anale : 25 %
Troubles récents du transit : 18 %
Prurit : 15 %
Suintements non sanglants : 12 %

 

 

Diagnostics les plus fréquents

Hémorroïdes : 40 %
Hémorroïdes à fissures : 18 %
Suppurations : 16 %
Condylomes : 7 %
Eczéma : 6 %
Pathologie tumorale : 4 %
Divers (MST, algies anorectales, Crohn anal)

 

Le cancer colorectal et le cancer anal

Le cancer colorectal est fréquent (1 Français sur 25 est atteint) et il est grave (15 000 décès par an environ).

C'est la chasse aux polypes qui devrait éviter les interventions mutilantes très souvent nécessaires parce que l'on est arrivé trop tard.

Le cancer de l’anus est quant à lui plus rare (il touche 1 Français sur 50 000) mais son aspect polymorphe et trompeur souvent faussement rassurant le fait fréquemment négliger.

C’est un cancer toujours curable s’il est traité précocement : on comprend qu’il soit indispensable aujourd’hui de dépister toute lésion à son début.